{"id":532,"date":"2020-11-23T15:57:15","date_gmt":"2020-11-23T14:57:15","guid":{"rendered":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/?p=532"},"modified":"2020-11-23T16:29:50","modified_gmt":"2020-11-23T15:29:50","slug":"bass-design-artiste-et-artisan-a-niaye-thiokers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/bass-design-artiste-et-artisan-a-niaye-thiokers\/","title":{"rendered":"Bass design : Artiste et artisan \u00e0 Niaye Thiokers"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-normal-font-size\"><em>Paroles recueillies par Cyril Moss\u00e9 et son \u00e9quipe \/ Dakar&nbsp;&#8211; 2018<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Bass Design<\/strong> : Bonjour, je m\u2019appelle Bassi, mon nom d\u2019artiste c\u2019est Bass Design. Je suis dans le quartier depuis que j\u2019ai l\u2019\u00e2ge de deux ans. Je suis n\u00e9 \u00e0 Kaolack. C\u2019est ma grand-m\u00e8re qui m\u2019a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 \u00e0 Kaolack pour m\u2019emmener \u00e0 Niaye Thiokers, et l\u00e0 j\u2019ai fait mes \u00e9tudes primaires. Puis, j\u2019ai laiss\u00e9 le primaire \u00e0 l\u2019\u00e2ge de douze ans pour apprendre la menuiserie et les autres m\u00e9tiers comme la m\u00e9canique, la t\u00f4lerie, beaucoup de m\u00e9tiers parce qu\u2019il y a beaucoup d\u2019ateliers \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Niaye Thiokers, surtout vers l\u2019Ouest, je les c\u00f4toyais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">\u00c0 l\u2019\u00e2ge de douze ans, j\u2019ai fait un poste radio. Tout le quartier d\u2019ici M\u00e9dina \u00e9coutait. Tout le monde venait dans ma chambre. Depuis mes douze ans, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 bricoler. On m\u2019appelle l\u2019homme aux douze m\u00e9tiers, parce que je sais faire beaucoup de choses. Je fais la r\u00e9cup\u00e9ration, je peux prendre un couvercle pour mettre de l\u2019argent.<br>Il y avait un commer\u00e7ant qui \u00e9tait \u00e0 Sandaga, il partait en Europe pour amener des haut-parleurs complets. Je me suis dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;ah, je vais voir le commer\u00e7ant pour lui proposer d\u2019amener que les enceintes, le n\u00e9cessaire, apr\u00e8s je vais prendre le bois pour fabriquer des caissons originaux.&nbsp;\u00bb En essayant \u00e7a, j\u2019avais plein de musique, les enfants venaient. C\u2019est comme \u00e7a j\u2019ai connu M\u00e9ta (musicien international n\u00e9 \u00e0 Niaye Thiokers). Il est venu, il a dit qu\u2019il voulait faire la musique. Il est parti demander \u00e0 ses parents l\u2019autorisation, ses parents du coup me connaissent. Il me le confiait&nbsp;: \u00ab&nbsp;pas de probl\u00e8me, tu es notre voisin.\u00bb<br>\u00c0 chaque fois, les gens commandaient les enceintes. Je r\u00e9parais m\u00eame les radios. Les petites radios :&nbsp;\u00ab H\u00e9, Bass, viens r\u00e9parer\u2009! Am\u00e8ne \u00e7a \u00e0 Bass, il va r\u00e9parer\u2009!&nbsp;\u00bb N\u2019importe quelle machine, on me l\u2019am\u00e8ne. J\u2019avais les moyens de faire les caissons de baffles, d\u2019avoir des bonnes tables de mixage,<br>Chaque ann\u00e9e, on faisait les anniversaires dans le quartier, j\u2019organisais des Set Setal. On part \u00e0 la mairie, prendre des balais, prendre des petits pots, pour demander aux passants des voitures des petits sous pour bien organiser. Le soir on dansait, on organisait des podiums de rap. C\u2019\u00e9tait un temps de rap. Il y avait M\u00e9ta. Et l\u00e0, je commence amener \u00e0 Sorano, pour faire des instruments, les amener \u00e0 la radio, avec Michael Souma (chef \u00e9ditorial \u00e0 Dakar FM), ils \u00e9taient des petits enfants. Il y avait des concerts en ville, je partais les inscrire, les amenais faire les premi\u00e8res parties.<br>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent je prends mon balai, je vois les salet\u00e9s et j\u2019enl\u00e8ve. C\u2019est normal je trouve. Derni\u00e8rement, j\u2019ai organis\u00e9 \u00e7a avec Les Petites Pierres (Maison d\u2019\u00e9dition de projets artistiques). Ils sont venus, ils nous ont aid\u00e9s financi\u00e8rement. Devant la mosqu\u00e9e, il y a un robinet, il n\u2019y avait pas de carreaux. On a fait des carreaux. On a bien nettoy\u00e9 la mosqu\u00e9e, des trucs bien. On a fait \u00e0 manger pour toute la population, les enfants sont sortis, c\u2019\u00e9tait nice quoi. On a appel\u00e9 tout le quartier, on a amen\u00e9 des camions, d\u00e9gag\u00e9 tous les sachets, bien nettoy\u00e9. \u00c7a se passe comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">L\u00e0 les jeunes de Niaye Thiokers ont dit qu\u2019ils nous avaient donn\u00e9 plusieurs millions que nous on a mang\u00e9. Il y a d\u2019autres gens du quartier, qui voient \u00e7a qui dit : \u00ab&nbsp;ah ! tu as vu, ils lui ont donn\u00e9 de l\u2019argent, c\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il a fait \u00e7a.&nbsp;\u00bb. C\u2019est \u00e7a qui nous manque. D\u00e8s que tu fais quelque chose, on croit que tu as pris l\u2019argent quelque part. C\u2019est juste pour bien d\u00e9velopper Niaye Thiokers. Mais je ne vais pas l\u00e2cher, je vais continuer, moi je ne l\u00e2che jamais. Je vais continuer \u00e0 faire pour les jeunes de Niaye Thiokers, parce qu\u2019on a des savoirs, et il faut transf\u00e9rer \u00e7a aux jeunes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Malheureusement, je peux pas faire comme avant. Je voulais vraiment, mais je suis p\u00e8re de famille. C\u2019est le temps\u2026 tu me vois, je vais de gauche \u00e0 droite, on dit : \u00ab&nbsp;Bass !&nbsp;\u00bb, on a besoin de moi. M\u00eame pour mes propres projets, c\u2019est dur. \u00c7a fait des ann\u00e9es que je travaille sans me reposer, boulot boulot boulot. Il y a des gens qui savent dire non, mais moi je sais pas dire non, je me repose pas du tout ! C\u2019est depuis mon enfance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Comme je t\u2019ai dit : j\u2019ai grandi ici, un enfant qui touche \u00e0 tout. L\u00e0 tu me vois je suis en train de modifier une moto Djakarta pour les handicap\u00e9s. Je prends une moto, j\u2019enl\u00e8ve tout le n\u00e9cessaire, je les modifie pour faire un mobile pour les handicap\u00e9s. J\u2019en ai fait plein. Avec les mobylettes, les scooters, les motos, tous les handicap\u00e9s de Dakar Plateau me connaissent. D\u00e8s que tu pars, \u00ab&nbsp;ah, je veux un pousse-pousse modifi\u00e9&nbsp;\u00bb, on te dit : \u00ab&nbsp;Va chez Bass\u2009!&nbsp;\u00bb comme les voitures, d\u2019autres aussi.<br>Ce qui m\u2019a fait \u00e7a, c\u2019est juste quand j\u2019\u00e9tais enfant, je c\u00f4toyais tous les ateliers qui \u00e9taient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi et \u00e7a, \u00e7a donne quelque chose. Tu as vu les capsules l\u00e0, les capsules (de boisson gazeuse), j\u2019\u00e9tais le premier \u00e0 le faire. Les capsules pour faire les si\u00e8ges. A 18 ans, j\u2019ai fait \u00e7a et maintenant \u00e7a s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9, les enfants se mettent \u00e0 faire des ceintures, des capes, des peignes, c\u2019est rentable pour la jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Il y avait Pape Fall qui \u00e9tait l\u00e0, il faisait de la salsa. Orchestra Baobab. Pape Fall, toute sa famille est n\u00e9e l\u00e0-bas. Les enfants sont n\u00e9s l\u00e0. Avant, il logeait ici. Leur maison, c\u2019\u00e9tait comme des maisons \u00ab&nbsp;coll\u00e9-coll\u00e9&nbsp;\u00bb, et au milieu, il y avait des baraques avant. Un Libanais l\u2019a achet\u00e9, et ils sont partis ailleurs. Mais ce sont des fils de Niaye Thiokers. C\u2019est un quartier, quand tu es n\u00e9 ici, tu vas l\u2019aimer, m\u00eame si tu sors apr\u00e8s tu dis&nbsp;: \u00ab&nbsp;ah&nbsp;\u00bb\u2026 tu aimes Niaye Thiokers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Moi j\u2019ai pris une location avec ma famille et j\u2019ai mon atelier \u00e0 Niaye Thiokers. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai grandi, je ne connais qu\u2019ici. Il reste une dizaine de propri\u00e9taires environ, car toutes les maisons sont presque vendues. C\u2019est surtout les Libanais qui ach\u00e8tent, un peu des S\u00e9n\u00e9galais aussi. Les gens vendent parce que pour moi, ils ne savent pas. Si j\u2019avais une maison \u00e0 Niaye Thiokers, j\u2019allais pas vendre. J\u2019allais partir \u00e0 la banque pour construire, un truc comme \u00e7a. Mais les gens sont dans la pauvret\u00e9, t\u2019es oblig\u00e9 de vendre ta maison et aller chercher ailleurs. \u00c7a se vend 300 millions, 200 millions (de francs CFA), \u00e7a d\u00e9pend. C\u2019est l\u2019\u00e9tat qui devrait nous aider. Car il y a beaucoup de maisons qui n\u2019avaient pas de papiers, comme la maison de ma grand-m\u00e8re, quelqu\u2019un est pass\u00e9 dessus pour r\u00e9cup\u00e9rer \u00e7a.<br>Ce genre de truc l\u00e0, y\u2019en a partout \u00e0 Dakar, tu entends des probl\u00e8mes d\u2019illettrisme. C\u2019est l\u2019\u00e9tat qui doit g\u00e9rer \u00e7a. Aider les pauvres. Ceux qui ont v\u00e9cu dans une maison 30 ans, 70 ans, c\u2019est l\u2019\u00e9tat qui devrait venir aider pour monter des dossiers pour que la maison leur appartienne un jour. Mais si tu es illettr\u00e9, tu restes, quelqu\u2019un vient, tu te fais avoir. \u00c7a se passe comme \u00e7a la plupart du temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">L\u00e0 on est devant mon atelier. Quand j\u2019\u00e9tais jeune, il n\u2019y avait pas de route. Il y avait juste un grand baobab. Et l\u00e0, c\u2019\u00e9tait en sable. Tu passais \u00e0 travers les maisons pour \u00eatre de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Mais maintenant il y a une route, ils ont d\u00e9log\u00e9 les gens. La route passe vers le Palais de Justice. Et \u00e7a me rappelle beaucoup de baobabs l\u00e0. Il y avait un com\u00e9dien qui \u00e9tait au S\u00e9n\u00e9gal qu\u2019on appelait \u00ab&nbsp;Sanokho&nbsp;\u00bb, un bon com\u00e9dien connu, il fr\u00e9quentait ici. Parfois, il montait dans le baobab et il ne descendait pas. Il disait, avant qu\u2019il descende, \u00ab&nbsp;il faut donner l\u2019argent&nbsp;&nbsp;\u00bb, sinon il descend pas. Et tout le monde rigolait. C\u2019\u00e9tait nice quoi vraiment. Ils ont enlev\u00e9 le baobab pour faire la route.<br>On se retrouve vers le Palais de Justice. Avant tout \u00e7a, c\u2019\u00e9tait des maisons. Il y avait des maisons coloniales, mais aussi des maisons de voisins. L\u00e0 aussi, il y avait plein de maisons. Tout \u00e7a c\u2019\u00e9tait des maisons. Je me rappelle, il y avait un tournage de film quand j\u2019\u00e9tais enfant, qu\u2019on faisait \u00e0 Niaye Thiokers, un tournage avec des blancs. Avec Ousmane Sembene. Je sais plus. Il y avait des acteurs qui venaient \u00e0 chaque fois tourner des films. Je regardais, \u00e7a me plaisait, je fr\u00e9quentais pour voir comment \u00e7a se passe.<br>Et l\u00e0, c\u2019est la m\u00eame chose. Tout \u00e7a, c\u2019\u00e9tait des maisons. C\u2019est des nouveaux terrains. En face du Palais de Justice. Le terrain, on dit que \u00e7a appartient \u00e0 des gens. L\u2019\u00c9tat l\u2019avait pris pour juste un usage public. Maintenant, ils ont tout d\u00e9log\u00e9 tout le monde. C\u2019\u00e9tait au temps d\u2019Abdou Diouf. Ils ont r\u00e9alis\u00e9 le tribunal&nbsp;: un tribunal c\u2019est bon pour le quartier, \u00e7a am\u00e8ne la s\u00e9curit\u00e9. Mais le reste, c\u2019est qu\u2019ils ont d\u00e9log\u00e9 les gens pour l\u2019usage public.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Tu vois en face du tribunal, il y a un immeuble. Il y a une station devant aussi. Pourquoi une station\u2009? Une station Total. Ce que j\u2019aimerais, c\u2019est que l\u2019\u00c9tat prenne en compte Dakar, qu\u2019ils mettent des arbres, des trucs comme \u00e7a. Je trouve que Niaye Thiokers, \u00e7a a chang\u00e9 carr\u00e9ment, parce qu\u2019avant j\u2019avais beaucoup de voisins et d\u2019amis. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9tat a pris la moiti\u00e9 de Niaye Thiokers pour mettre un tribunal pour un usage public, mais finalement il y a juste le tribunal qui est l\u00e0, et tous mes voisins qui \u00e9taient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 sont partis en banlieue, car ils ont donn\u00e9 des nouveaux terrains pour habiter l\u00e0 bas. \u00c7a fait environ 25 ans environ, l\u2019\u00c9tat avait pris ces terrains pour un usage public, et maintenant ils ont juste fait le tribunal, mais ils ont fait une station \u00e0 c\u00f4t\u00e9, et \u00e7a, c\u2019est pas un usage public. Le tribunal d\u2019accord.<br>Ce que j\u2019aimerais\u2026 Ici il y a beaucoup d\u2019enfants et de familles. Ils n\u2019ont pas l\u00e0 ou jouer. C\u2019est sur la route. \u00c0 chaque fois qu\u2019on doit traverser la route, on est en danger. L\u2019\u00c9tat doit prendre en compte les jeunes de Niaye Thiokers et Dakar Plateau, il faut r\u00e9cup\u00e9rer ce terrain-l\u00e0 pour mettre au moins un centre social pour aider les enfants \u00e0 apprendre l\u2019Art. et d\u2019autres choses. C\u2019est l\u2019\u00c9tat qui doit nous aider. Mettre des centres culturels, l\u00e0 o\u00f9 des gens comme \u00e7a ou d\u2019autres peuvent apprendre aux enfants des activit\u00e9s artistiques. Il y a les enfants, nous, on a notre savoir, il faut le transmettre. Il y a un espace en face du tribunal. On pouvait mettre un centre social pour les enfants, on am\u00e8ne des artistes pour leur apprendre les petits m\u00e9tiers. C\u2019est \u00e7a que je veux pour Niaye Thiokers, que je demande \u00e0 l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Quand j\u2019\u00e9tais enfant, d\u2019ici la corniche vers Guethi\u00e9 (la mer), tout en haut de Dakar Plateau, apr\u00e8s tu descends il y a Kussum. Il y avait des p\u00eacheurs l\u00e0-bas avec des pirogues, mais maintenant il y a plus de p\u00eacheurs, car il n\u2019y a plus de poissons. Ils ont quitt\u00e9 pour aller \u00e0 Soumbedioune. Quand j\u2019\u00e9tais enfant, je marchais pour aller vers la mer, le matin pour aider les p\u00eacheurs. C\u2019est des bons souvenirs. Il y avait des petits poissons et l\u00e0 on remontait, passait dans le quartier\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">On est l\u00e0 devant un immeuble \u00e0 5 \u00e9tages. Cet immeuble, la maison de ma grand-m\u00e8re c\u2019\u00e9tait l\u00e0. Maintenant j\u2019ai 47 ans. J\u2019avais deux ans quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 Dakar. Ma m\u00e8re m\u2019a donn\u00e9 \u00e0 ma grand-m\u00e8re. Il y avait mes oncles qui \u00e9taient l\u00e0-bas. Et d\u2019autres gens qui quittaient le village pour apprendre un m\u00e9tier \u00e0 Dakar. Il y avait des terres\u2026 on \u00e9tait une dizaine dans la maison et moi j\u2019\u00e9tais le plus petit. J\u2019\u00e9tais toujours souriant, j\u2019avais pas de probl\u00e8mes, j\u2019\u00e9tais pas turbulent. Tu peux m\u2019envoyer 10\u2009000 fois au march\u00e9, \u00e0 chaque fois je pars, je me fatigue pas. On m\u2019appelait Arboura. Un ange \u00e0 cheval. Avec des ailes. Parce que tellement je suis rapide, tu me dis : \u00ab&nbsp;ah Bass, va au march\u00e9, cherche-moi \u00e7a&nbsp;\u00bb. Je pars je reviens. Je me plains jamais. C\u2019\u00e9tait vraiment nice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Cette maison-l\u00e0, c\u2019est un colon, un blanc qui l\u2019a donn\u00e9 \u00e0 ma grand-m\u00e8re. Parce que son mari n\u2019avait pas beaucoup de moyens financiers. Sa fille \u00e9tait malade. On l\u2019appelait \u00ab&nbsp;Keurso&nbsp;\u00bb. Les s\u0153urs qui aident les gens. Chez cette dame, j\u2019ai oubli\u00e9 son nom, c\u2019est elle qui a donn\u00e9 le terrain \u00e0 ma m\u00e8re. \u00ab&nbsp;Maintenant tu peux t\u2019installer avec ta famille&nbsp;\u00bb, et tout le monde est venu. Avant c\u2019\u00e9tait des baraques. C\u2019est les maisons en zinc, les zincs et les braglebas. Au fur et \u00e0 mesure, la famille s\u2019agrandit. Mon oncle a eu des enfants. D\u2019un coup, ma grand-m\u00e8re, sa fille l\u2019a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 pour l\u2019amener \u00e0 Pikine, comme elle avait un peu d\u2019argent, car il y avait mon oncle et sa famille, la famille s\u2019agrandissait.<br>Quand j\u2019\u00e9tais enfant, je me rappelle que ma grand-m\u00e8re m\u2019avait donn\u00e9 les papiers des imp\u00f4ts, les papiers jaunes tap\u00e9s \u00e0 la machine avec des plans, des trucs comme \u00e7a. Mais un jour, ma grand-m\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, on a cherch\u00e9 les papiers, on n\u2019a pas trouv\u00e9. Tout est perdu, on est sans rep\u00e8re. Quelqu\u2019un vient et dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;cette maison c\u2019est pour moi&nbsp;\u00bb. Et il a pris. C\u2019\u00e9tait le temps d\u2019Abdoulaye Wade, avec les probl\u00e8mes de litige, l\u2019\u00e9tat doit prendre ses pr\u00e9cautions. Qu\u2019il regarde bien les titres fonciers. \u00c7a ne devait pas se passer comme \u00e7a.<br>Tu passes 70 ans dans une maison et un jour on renvoie toute la famille, on les fait sortir parce qu\u2019ils n\u2019ont pas l\u2019argent, qu\u2019ils sont pauvres, ne peuvent pas payer un avocat. Au d\u00e9but, j\u2019avais les papiers. Je dirais malheureusement ou heureusement, je voulais me battre. Mais j\u2019avais mon bras \u00ab&nbsp;coup\u00e9&nbsp;\u00bb, je ne pouvais rien faire. J\u2019ai les papiers d\u2019avant, les mises en demeure qu\u2019on nous avait donn\u00e9s. J\u2019ai \u00e7a avec moi. C\u2019est m\u00eame \u00e9crit \u00ab&nbsp;quitter ce lieu, cet immeuble&nbsp;\u00bb. En ce moment, c\u2019\u00e9tait pas un immeuble, c\u2019\u00e9tait une maison avec des ardoises. Il y avait les policiers qui \u00e9taient l\u00e0, le quartier qui venait. Ils disaient&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est mieux de sortir, vous allez voir \u00e7a au niveau du palais de justice&nbsp;\u00bb, et tout le monde s\u2019est crois\u00e9 les bras faute de moyen. L\u00e0 ou j\u2019ai fait toute mon enfance\u2026 Avant c\u2019\u00e9tait une baraque, mais mon oncle a construit pour faire une maison comme \u00e7a, avec des ardoises, bien construit. j\u2019ai des photos. Ma grand-m\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, elle a laiss\u00e9 ses fils et filles, maintenant ils ont lou\u00e9 en banlieue, ils payent leur loyer, des choses qu\u2019ils n\u2019ont jamais connues dans leur vie, donc c\u2019est plus de mis\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Niaye Thiokers, c\u2019est \u00e7a quoi. L\u2019\u00c9tat devrait aider la population sur les probl\u00e8mes de litige et regarder ceux qui n\u2019ont pas les moyens et qui restent dans des maisons comme \u00e7a et essayer de g\u00e9rer pour essayer de leur fournir des bons papiers pour que d\u2019autres ne viennent pas prendre \u00e7a \u00e0 leur place comme on a fait \u00e0 ma grand-m\u00e8re et d\u2019autres gens. Parce que tu as une bagarre ici, y\u2019a des gens qui voient des maisons et qui essayent de r\u00e9cup\u00e9rer \u00e7a parce que tu es analphab\u00e8te, tu connais pas. C\u2019est l\u2019\u00c9tat qui devrait venir voir la population pour demander leur avis, les aider.<br>Tout \u00e7a c\u2019\u00e9tait des maisons. Il y avait aussi des immeubles, juste devant la station. Maintenant, c\u2019est que des cars, et la station d\u2019essence. \u00c7a, c\u2019est une nouvelle route. L\u00e0 aussi, il y a le garage Lat Dior. Tu vois ce b\u00e2timent au fond du garage, un b\u00e2timent colonial militaire. Il y avait des logements militaires. L\u00e0-bas on l\u2019appelait Camp Souf, l\u00e0 o\u00f9 il y a le sable. Il y avait plein d\u2019arbres, un terrain de basket, de foot aussi. C\u2019\u00e9tait immense, nice, vraiment, y avait l\u2019espace, il faisait bon. Tous les enfants du quartier pouvaient aller jouer. C\u2019est un petit paradis.<br>On est en face de la station. Il y a le Minist\u00e8re de l\u2019\u00c9quipement. Avant c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00c9cole des Arts. On l\u2019a transf\u00e9r\u00e9 pour la mettre au bord de la mer. Il y avait beaucoup d\u2019artistes, mais ils ont tout ras\u00e9 et jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, il n\u2019y a rien. C\u2019est \u00e7a qui faisait Niaye Thiokers avant. Il y avait un terrain de tennis et des terrains de football dedans, c\u2019\u00e9tait pour les gens. Et l\u00e0, on partait dedans aussi, plein d\u2019arbres fruitiers, il y avait des immeubles, l\u00e0, derri\u00e8re la station. Il y avait mes amis, on jouait, c\u2019\u00e9tait nice. Tu as vu, ces roues-l\u00e0, c\u2019est r\u00e9cent, \u00e7a ne fait m\u00eame pas un mois. Il y a des d\u00e9chets partout.<br>Tout \u00e7a, c\u2019est le derri\u00e8re du Minist\u00e8re. L\u00e0 c\u2019\u00e9tait calme, tu pouvais venir rouler \u00e0 v\u00e9lo, si tu voulais aller au camp militaire, tu n\u2019avais qu\u2019\u00e0 aller par l\u00e0 et tourner. L\u00e0 y\u2019avait des immeubles\u2026 L\u00e0 aussi y\u2019avait des arbres fruitiers qu\u2019on appelait wer wer. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019on cherchait les petits oiseaux avec des lance-pierres, on sautait le mur pour aller de l\u2019autre cot\u00e9. Je jouais, je fabriquais des petites choses pour mettre l\u00e0-bas. C\u2019\u00e9tait beau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">L\u00e0, c\u2019est une soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00c9tat. C\u2019est rentable, je suis d\u2019accord. Mais pour les autres qu\u2019on a d\u00e9log\u00e9, et qu\u2019on a commenc\u00e9 \u00e0 mettre des stations, il n\u2019y a plus d\u2019endroit pour jouer. Avant il y avait le stade Assane Diouf, mais maintenant les enfants jouent dans la rue. Quand j\u2019\u00e9tais jeune, il y avait trois camps. Y\u2019avait beaucoup de terrains. Quand l\u2019\u00c9tat a d\u00e9gag\u00e9 le camp Lat Dior, d\u00e9gag\u00e9 les habitants, ils ont laiss\u00e9 \u00e7a comme \u00e7a, des ann\u00e9es, sans rien construire, sans rien faire. Ils ont enlev\u00e9 les arbres, plein de b\u00e2timents sans toits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Il y avait les m\u00e9caniciens, qui \u00e9taient juste dans mon quartier, parce qu\u2019il y avait un garage l\u00e0-bas avant. Mais \u00e0 un moment, le quartier ne pouvait plus supporter les cars rapides. Parce qu\u2019ils descendaient juste l\u2019autre rue vers la mosqu\u00e9e et c\u2019\u00e9tait dangereux parce que c\u2019\u00e9tait une petite montagne, ils descendaient et les gens travaillaient l\u00e0-bas. Mais apr\u00e8s les gens du quartier ont parl\u00e9 et maintenant ils ont \u00e9t\u00e9 dans le camp. L\u00e0 o\u00f9 les b\u00e2timents cassent. Moi aussi je suis pass\u00e9 par l\u00e0, car je c\u00f4toyais les ouvriers pour apprendre le m\u00e9tier. Il y avait des t\u00f4liers, de la m\u00e9canique, \u00e9lectriciens. Tout le quartier passait l\u00e0-bas pour jouer. Il y a des gens qui r\u00e9cup\u00e9raient ces maisons-l\u00e0 pour jouer. Y\u2019avait le reste des terrains, et des gens qui r\u00e9cup\u00e9raient les maisons pour habiter. Finalement c\u2019\u00e9tait le bordel, il y avait n\u2019importe quoi l\u00e0-bas.<br>C\u2019\u00e9tait l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, un voyou, d\u00e8s qu\u2019il rentre dans le camp, tu le retrouves plus. Cette mauvaise r\u00e9putation qu\u2019on dit, je ne trouve pas \u00e7a dans les habitants de Niaye Thiokers, c\u2019\u00e9tait les \u00e9trangers qui venaient. Dans ce camp-l\u00e0, il y avait toutes les races, des Maliens, des Mandingues, etc. Les enfants du quartier allaient l\u00e0-bas, les m\u00e9caniciens, les t\u00f4liers, chacun avec sa partie. Parce que tu as vu, tout \u00e7a, \u00e7a fait combien d\u2019hectares\u2009? C\u2019est \u00e9norme. Dedans il y avait tout, le cin\u00e9ma, vers la corniche, en plein air\u2026<br>Avant que j\u2019apprenne le m\u00e9tier, on partait pour manger le restant des militaires, on appelle \u00e7a graille. Y\u2019avait aussi un camp de gendarmes. L\u00e0-bas aussi on partait prendre demander pour manger. Tu n\u2019as m\u00eame pas besoin de manger \u00e0 la maison, tu es rassasi\u00e9, y\u2019avait plein de trucs, c\u2019\u00e9tait nice. Quand ils ont d\u00e9log\u00e9 le camp, les militaires sont partis et les m\u00e9caniciens sont venus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">L\u00e0 aussi, ils ont d\u00e9log\u00e9 l\u2019\u00c9cole des Arts pour la mettre vers la corniche. De Kussum \u00e0 Gu\u00e9thie. Y\u2019avait l\u2019Orchestre National qui \u00e9tait l\u00e0, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019ils r\u00e9p\u00e9taient. Tous ces murs-l\u00e0, il y avait des arbres fruitiers. On passait par l\u00e0 pour ramasser les fruits par terre, wer wer, c\u2019est comme du tamarin, c\u2019est blanc tu ouvres et puis voil\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">L\u00e0, on est juste \u00e0 la rue Madeleine Ngom \u2013 prolong\u00e9e quoi. On quitte juste vers la station pour aller l\u00e0-bas. L\u00e0, c\u2019\u00e9tait un passage aussi pour aller chez moi. Je vais saluer. \u00c7a, c\u2019est mon oncle. Et lui, c\u2019est l\u2019ami de mon tonton. Ils me connaissent. Ils m\u2019ont vu grandir. Depuis le d\u00e9but. Tout \u00e9tait devant eux. Leur maison, c\u2019est juste l\u00e0-bas, je te montrerai sur le chemin.<br>C\u2019\u00e9tait une grande maison avant, dans les petites ruelles qui partent tout droit o\u00f9 j\u2019ai grandi. Tout \u00e7a, c\u2019\u00e9tait un mur. Il y avait un camp. Parce que l\u00e0, c\u2019\u00e9tait la montagne, un ancien b\u00e2timent colonial. Une famille l\u2019occupait. C\u2019\u00e9tait une maison harmonieuse, nice&nbsp;quoi, \u00e0 l\u2019aise, tu mangeais, tu jouais, y\u2019avait des arbres dedans. Tu as vu, c\u2019est large. C\u2019est un \u00e9norme b\u00e2timent \u00e0 cinq \u00e9tages. L\u00e0, c\u2019\u00e9tait comme une cave, en bas. Je me rappelle quand j\u2019\u00e9tais enfant. \u00c0 l\u2019\u00e2ge de sept ans, tu penses pas \u00e0 ce que tu fais. Tu imagines un enfant qui met un long b\u00e2ton dans son ventre, l\u2019autre bout par terre, en train de courir, comme une perche. Et l\u00e0, en haut, je suis tomb\u00e9&nbsp;: maux de ventre, une histoire d\u2019enfant. Avant, toutes les maisons \u00e9taient comme \u00e7a, des baraques.<br>Comme je te dis, c\u2019est presque en face, je passais par l\u00e0 pour entrer ici, jouer aussi, il y avait un puits, des b\u00e2timents coloniaux quoi. Toute ma journ\u00e9e je passais l\u00e0-bas. Je mangeais l\u00e0-bas comme a dit le voisin, tu manges partout o\u00f9 tu veux. L\u00e0, y\u2019avait la maison des Casaman\u00e7ais, c\u2019\u00e9tait des Dioula, il y avait des festivit\u00e9s. C\u2019\u00e9tait en face de ma maison, parfois on organisait des communions. Tout \u00e7a, c\u2019\u00e9tait des maisons, c\u2019est ancien. C\u2019\u00e9tait des Sonink\u00e9s, des Maliens. Je parlais un peu sonink\u00e9 quand j\u2019\u00e9tais enfant, et aussi Fouta, j\u2019avais des voisins du Fouta (Guin\u00e9e).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Il faut avoir piti\u00e9 de la population et des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations. Nous qui avons un peu de savoir sur les trucs d\u2019arts, de r\u00e9cup\u00e9ration, on peut former les jeunes, et ne pas laisser un jeune se fatiguer sans moyen. Il faut un centre de formation pour les jeunes \u00e0 Niaye Thiokers. On devrait mettre des espaces verts quand m\u00eame, des centres sociaux, pour la jeunesse. On a notre savoir. Beaucoup d\u2019artistes sont pass\u00e9s par l\u00e0, M\u00e9ta, artiste international est l\u00e0, Moussa Samba Diop, un grand artiste qui \u00e9tait le directeur des Arts, et tant d\u2019autres. Il y a le savoir ici. C\u2019est juste que l\u2019\u00e9tat nous aide \u00e0 am\u00e9liorer le quartier. Sur ce terrain-l\u00e0, qui est devant le tribunal. Maintenant, c\u2019est plus un usage public. Ce quartier o\u00f9 j\u2019ai pass\u00e9 toute mon enfance, il dispara\u00eet. Dans mes r\u00eaves, je vois pas la station. Je vois les immeubles comme ils \u00e9taient avant. J\u2019ai jamais r\u00eav\u00e9 de \u00e7a.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paroles recueillies par Cyril Moss\u00e9 et son \u00e9quipe \/ Dakar&nbsp;&#8211; 2018 Bass Design : Bonjour, je m\u2019appelle Bassi, mon nom d\u2019artiste c\u2019est Bass Design. Je suis dans le quartier depuis que j\u2019ai l\u2019\u00e2ge de deux ans. Je suis n\u00e9 \u00e0 Kaolack. C\u2019est ma grand-m\u00e8re qui m\u2019a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 \u00e0 Kaolack pour m\u2019emmener \u00e0 Niaye Thiokers, et &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/bass-design-artiste-et-artisan-a-niaye-thiokers\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture <span class=\"screen-reader-text\"> \u00ab\u00a0Bass design : Artiste et artisan \u00e0 Niaye Thiokers\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-532","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-conversations","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/532","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=532"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/532\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":541,"href":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/532\/revisions\/541"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=532"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=532"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/graphoui.org\/dakar-bruxelles-labo\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=532"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}